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                A force de vieillir

 

A force de vieillir

De devenir

Ce que le Temps voudrait que l’on devînt

L’heure viendra sans doute

Vraiment de la vieillesse

 

Jour après jour nous avons fait

Comme si de rien n’était comme si

Tout cela devait continuer

A perpétuité

On continue de vivre sans demander son reste

De peur

Sans demander quoi que ce soit de peur

Que quelqu’un ne réponde

Mais qui ?

 

Aucune des secondes

Que marquent les horloges

Aucune

Ne fait tomber la nuit et pourtant

Tu constates soudain que le jour est fini

La nuit

A pattes de velours

Par surprise est venue sans qu’on l’ait entendue

 

A force de vieillir

A pattes de velours

Viendra aussi

Le soir où tu feras ton lit pour la dernière fois

Ce soir-là

Auras-tu le bonheur de pouvoir l’ignorer

Et d’allonger tes jambes avec encor l’espoir

Demain de te lever ?

 

Mais rien n’est éternel

On le sait

Pas même votre maison

Si belle

Aux grands arbres qui bruissent

Tout au fond du jardin.

                            *

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