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Le Paradise

 

Chapitre quatre

Un dîner à La Cigale.

 

C'est ce soir-là que j'ai rencontré Cynthia ; donc le mardi 20 mars. J'ai déjà expliqué pourquoi je me souviens aussi précisément de cette date. Elle était habillée en lapin mais, sur le coup, je n'ai trouvé là rien d'étrange. D'ailleurs il n'y avait pas de confusion possible, il ne s'agissait que d'une vague évocation de lapin : au sommet d'un bonnet de fourrure synthétique rose, à poils ras - une sorte de passe-montagne plutôt -, oscillaient assez gentiment à chacun de ses mouvements deux lamentables oreilles de peluche grise, à l'intérieur blanc (dont l'une, intentionnellement cassée, était probablement censée faire encore plus "lapin") ; une grosse houpette de fourrure, blanche elle aussi, mystérieusement fixée au bas des reins, rappelait la petite couette qui caractérise ces animaux-là, surtout dans les dessins animés. Mais les attributs la rattachant à la famille des léporidés se limitaient à cela car pour le reste (les incisives proéminentes sous un museau fendu en bec de lièvre, ces globes inexpressifs des yeux disposés chez les lapins de chaque côté de la tête), cela n'avait rien à voir : sa parfaite denture que révélait son sourire de commande, l'éclat enjoué de son regard étaient bien ceux d'une jeune femme tout à fait normale ; et même un peu au-dessus de la normale, ajouterai-je.

J'avais déambulé un bon moment autour de la place du Commerce et de la rue Crébillon, dans toutes ces petites rue animées du centre. Après une journée passée accroupi dans ma cave, je ressentais le besoin de marcher, de respirer. Il avait cessé de pleuvoir mais la chaussée, les trottoirs, luisaient de tous les reflets des lumières de la ville. L'air était humide et doux si bien qu'on avait l'impression - quoique le temps soit resté objectivement maussade - d'une exceptionnelle embellie qui faisait de la marche un véritable plaisir. Depuis que je me trouvais ici, mêlé à la foule particulièrement dense de ce quartier en début de soirée, j'avais dû renoncer à l'allure régulière et rapide que j'avais adoptée en quittant la maison une demi-heure plus tôt. Mais cela ne me dérangeait pas puisque rien ne me pressait, que je n'allais nulle part. Je dirais au contraire que cela revêtait un certain charme d'être contraint à flâner ainsi malgré moi : il y avait suffisamment longtemps que je marchais d'un bon pas et il me semblait du coup être enfin arrivé ; je pouvais donc me permettre de prendre mon temps. Sans y rien chercher de précis, je regardais distraitement les vitrines éclairées, les vestes, pantalons, pulls, chaussures, et cela me réjouissait de constater que nous avions, en cas de besoin, tout cela à notre disposition. Devant les magasins de prêt-à-porter féminin je m'étonnais que les mannequins soient si petits et menus alors qu'ils auraient dû nous paraître plus imposants au contraire dans ces devantures surélevées par rapport au trottoir. Les vraies femmes ne sont tout de même pas comme cela, me disais-je, tâchant d'évaluer la silhouette et la taille de celles que je ne cessais de croiser et dont il arrivait que certaines, se méprenant sans doute sur mes intentions, me rendaient au passage un regard appuyé avant de s'éloigner et de disparaître à jamais. J'en avais fini par conclure que les commerçants, vraisemblablement, ne présentaient toujours que les plus petites tailles de leurs modèles d'imperméables ou de tailleurs ou alors qu'ils ne disposaient que de mannequins systématiquement plus petits que les femmes réelles, une seconde hypothèse en flagrante contradiction avec l'image que l'on nous donne des top-models à la télé ou dans les magazines et qui sont, elles, en général plus grandes que la normale.

C'est à ce genre de réflexions vagabondes que je m'adonnais tout en remontant la rue Crébillon sur le trottoir de gauche jusqu'à la place Graslin où, au dernier moment, je renonçai à faire demi-tour, persuadé que redescendre maintenant sur le trottoir d'en face, avec d'autres vitrines et de nouveaux mannequins, n'apporterait aucun élément déterminant pour la solution de mon problème. Je restai donc indécis à l'orée de cette place (qui, comme chacun sait, présente une forme parfaitement circulaire délimitée, sauf du côté du Théâtre, par les harmonieuses façades concaves d'immeubles du XVIIIème siècle), indécis quant au choix du demi-cercle par la droite pour la traverser ou du demi-cercle équivalent par la gauche puisqu'il était hors de question de la couper diamétralement parmi le manège de la circulation incessante à cette heure. A droite, il n'y avait rien à voir que l'imposant théâtre néo-classique tout en haut de ses marches tandis que sur la gauche s'offraient les couleurs éclatantes de tapis orientaux, verticalement dressés comme des tentures murales dans deux devantures fortement éclairées, et, au-delà, au travers de ses carreaux biseautés, les chaleureuses lumières de la brasserie La Cigale, fameuse pour son décor 1900. Mû par un naturel phototropisme, ni plus ni moins que n'importe quel papillon, j'optai donc pour le luxe et la facilité rococo, sans regret pour les colonnades austères du faux temple. Devant le magasin de tapis, je me suis octroyé une halte prolongée pour admirer deux Bakhtiars magnifiques - les seuls que je sache à peu près reconnaître -, rêvant à l'improbable éventualité, à long terme, de garnir peut-être le sol de mon trou de spécimens aussi riches. Puis j'ai continué ma flânerie jusque devant La Cigale où j'ai pu voir que les couverts étaient dressés sur d'impeccables nappes blanches parmi le décor mural de faïence polychrome. Comme il n'y avait encore pratiquement aucun client, deux serveurs prenaient le temps de bavarder avec le barman, accoudés, leur serviette sur le bras, au long comptoir de bois sombre. J'ai vu tout cela en passant, plus ou moins déformé à travers les prismes des vitres, et me suis demandé si j'avais vraiment décidé de manger ce soir une pizza. Pas vraiment, me suis-je répondu. Alors pourquoi ne pas entrer plutôt ici, où m'avaient conduit le hasard et l'inspiration du moment ?

C'est ainsi que j'ai levé la main vers la poignée de cuivre massif et poussé le lourd battant aux petits bois surchargés d'une vieille peinture sombre, ce qui a suscité, sur chaque biseau des vitres, une fugitive multitude d'arcs-en-ciel minuscules. Je suis entré.

Mais ce n'est pas là que j'ai rencontré Cynthia, non : il y a beau temps que la Lola de Jacques Demy ne se produit plus sur la scène de La Cigale ; d'ailleurs il n'y a pas de scène ici, seulement ce long comptoir et des tables ; et puis Cynthia n'a vraiment rien à voir avec Lola. C'est néanmoins à Lola que j'ai pensé à cet instant précis, en poussant la porte de La Cigale, allez savoir pourquoi ; sans doute une de ces idées qui vous viennent comme ça ; il en vient tellement de ces idées-là lorsqu'on a pris l'habitude de déambuler seul dans les rues. Après coup je me suis dit qu'elle pouvait revêtir quelque caractère prémonitoire - bien que je n'accorde pas grand crédit à ces choses-là - et que l'image de cette Lola qui venait de m'assaillir, dansant dans le film de Jacques Demy que tout le monde associe à la fameuse brasserie, annonçait peut-être ma rencontre prochaine avec Cynthia, une sorte de danseuse à sa manière elle aussi. Mais sur le moment, bien sûr, je n'étais pas encore en mesure de faire ce rapprochement. Je suis simplement entré et j'ai choisi une table parmi toutes celles qui étaient disponibles, un peu retirée dans un box près des fenêtres, tout contre l'obscurité de la rue.

Assis là et confortablement adossé à la banquette, j'ai pu contempler tout à mon aise le célèbre décor 1900, archiconnu et que d'ailleurs je connaissais déjà. Je le découvrais pourtant cette fois-ci sous un jour nouveau ; non plus comme le témoignage d'une brillante époque de mondanités dont, quelque part, nous conservons tous une secrète nostalgie (sans penser que nous n'aurions vraisemblablement pas appartenu alors à ce petit nombre de privilégiés qui jouissaient de ces mondanités-là), mais comme un luxe faux et ostentatoire, superficiel, plaqué, tape-à-l'oeil pour tout dire et dont je n'aurais certainement pas voulu - quand bien même la chose aurait été réalisable - pour l'aménagement futur de mon trou. Et pour cause, ajoutai-je en moi-même, car ce n'est là finalement qu'un luxe de lieu public, conçu pour des allées et venues, des conversations et des rires ; or quoi de plus éloigné d'un lieu public que mon trou ? Je n'eus pas le loisir de développer davantage ces considérations car on vint prendre à ce moment-là ma commande.

Malgré tous mes efforts, je ne parviens pas à me souvenir de ce que j'ai mangé ce soir-là ; sans doute cela n'a-t-il pas de réelle importance, et comme je tiens à ne relater ici que des faits avérés, fussent-ils de simples détails, sans altérer ou enjoliver en quoi que ce soit ce qui s'est passé, je préfère honnêtement reconnaître que je ne m'en souviens plus.

Ce dont je me souviens par contre, avec une netteté surprenante, comme si cela ne datait que d'hier ou que j'en avais la photo sous les yeux, c'est du couple qui dînait ce soir-là sur ma gauche, devant le comptoir, à trois tables de moi. Lui, je ne le voyais que de trois-quarts dos - un homme autour de la soixantaine, les cheveux en broussaille déjà bien grisonnants ; un traditionnel costume sombre -, mais elle, elle me faisait juste face ; toute jeune femme aux vastes yeux sombres étonnés qu'encadraient de courtes boucles noires, elle mangeait avec application tout en acquiesçant à chaque instant aux propos de son compagnon qui n'arrêtait pas de discourir sans toucher au contenu de son assiette. Evidemment, n'ayant pas d'autre centre d'intérêt, je ne me privais pas d'élaborer toutes sortes de supputations quant à leur possible relation (père - fille ; amant - maîtresse ; mari et femme, pourquoi pas ? et je ne sais quoi d'autre) mais ce qui a dû me marquer, je suppose, c'est la tenue vestimentaire de la femme, si peu compatible avec celle de son commensal, car elle portait une veste de parka militaire kaki ouverte sur un tee-shirt blanc ce qui ne laissait pas d'évoquer certaines femmes soldats - israëliennes peut-être ? - qui avaient dû récemment faire l'objet d'un quelconque reportage télévisé et me la rendait difficile à situer dans mes différentes conjectures. Je me demandais du coup ce qu'elle pouvait bien faire ici, à La Cigale, et en compagnie de ce type que je voyais plutôt comme un homme d'affaire ou un avocat, à forte tendance intellectuelle en tout cas si l'on prenait en compte la tignasse argentée - parfaitement soignée tout de même ! - et sa propension à monopoliser la parole. De quoi déjà, par conséquent, éveiller suffisamment la curiosité d'un dîneur solitaire. Ce qui en outre m'a piqué au vif, alors que nous étions les seuls clients dans cette partie de la salle, c'est que pas une seule fois au cours du repas - le leur et le mien qu'on venait de me servir -, pas une seule fois cette fille, assise là en face de moi, ne m'a accordé la moindre attention ; pas même le coup d'oeil distrait, à simple titre informatif pourrait-on dire, que l'on porte de temps à autre, presque malgré soi, au seul convive qui partage, même anonymement, votre soirée. Ou bien ce que lui racontait son vis-à-vis revêtait pour elle une extrême importance, ou bien - force m'était d'envisager cette seconde hypothèse - je n'avais pas à ses yeux la plus infime existence, moi, qui n'avais rien d'autre à faire que les regarder. Que lui, qui me tournait le dos, ne m'ait pas aperçu, admettons (encore qu'il soit fréquent qu'on se retourne au moins une fois, discrètement, à l'arrivée d'un nouveau client dans un bar ou un restaurant), mais elle ? Assise presque en face de moi ? Et comme elle ne disait rien, se bornant à écouter, manger et acquiescer entre deux bouchées, je me trouvais de surcroît dans l'impossiblilité de saisir la moindre bribe du propos qui les occupait si intensément, ce qui aurait au moins constitué, entre eux et moi, un embryon de lien (me donnant l'illusion de partager, même ainsi par la bande, quelques miettes de leur vie), voire fourni l'occasion d'attirer finalement leur attention (comme cela arrive souvent lorsque des voisins de table s'aperçoivent que vous épiez leur conversation et finissent par vous gratifier, vous qui êtes seul, d'un regard presque complice, d'un sourire, avant de se pencher davantage l'un vers l'autre et de baisser la voix). Ici, rien : non seulement ils ne me voyaient pas, mais ils ne me laissaient rien entendre. Autant dire qu'ils niaient carrément ma présence ; et encore, cela eût été trop beau : ils ne prenaient même pas la peine de la nier, ils l'ignoraient.

Ils m'ont ignoré ainsi jusqu'à la fin du repas ; et lors même qu'ils se levaient de table, après avoir repoussé leurs chaises, tandis qu'animé d'un fol espoir je guettais l'instant propice où, nécessairement, ils auraient à me frôler pour gagner la sortie afin de lever le nez au bon moment de mon assiette et leur adresser comme il se doit un discret signe de tête en guise d'adieu - ce qui aurait remis les choses en place et rendu, même tardivement, un semblant de normalité à nos relations -, eh bien même à cet instant-là ils ont paru ne pas me remarquer ; l'homme s'est seulement effacé devant ma table pour laisser passer sa compagne sans cesser de lui parler, au point que je n'ai pas osé, moi non plus, me détourner pour les reconduire d'un dernier regard jusqu'au sas de l'entrée. Ce n'est qu'un soudain courant d'air froid sur les jambes qui m'a averti qu'ils étaient sortis et que la porte venait de se refermer sur eux.

Je dois reconnaître que, sur le coup, j'en fus affecté de manière incompréhensible. C'est peut-être cela qui, plus tard, m'incita à rechercher la compagnie de Cynthia, ce qui n'est pourtant pas dans mes habitudes.

A présent que j'y réfléchis de nouveau, aujourd'hui, je comprends que ce n'est pas tant la singularité vestimentaire de la jeune femme qui m'a fait conserver un souvenir aussi vif de cette rencontre que ce comportement à mon égard, le comportement de ce couple d'inconnus par qui, durant plus d'une heure, je n'ai pas même été considéré comme un autre inconnu, leur égal, mais comme, à proprement parler, rien du tout, nul, un zéro.

A tel point que j'en suis arrivé à me poser des questions sur - comment pourrait-on dire ? - mon éventuelle "transparence sociale" ou, si l'on veut, une sorte de défaut de visibilité de ma personne qui ferait que les autres ne me remarqueraient pas alors que moi je les voyais. Etait-il possible que je passe à ce point inaperçu tandis que je marchais dans les rues, moi qui voyais tout le monde normalement et me sentais disposé à tant de sympathie, prêt à répondre à la moindre manifestation d'amabilité ? Etait-il possible que les autres n'aient même pas idée que je puisse être l'un des leurs ?

Je me souvins alors heureusement de quelques unes de ces femmes, croisées devant les vitrines de la rue Crébillon, dont j'avais trop innocemment jaugé la silhouette en la comparant à celle des mannequins. A leurs yeux, indéniablement, j'étais quelqu'un ; qu'elles soupçonnaient peut-être de la pire impudence mais qu'importe ; elles avaient répondu à mon regard, m'avaient vu, reconnu, et peut-être méprisé comme le dernier des goujats (et encore n'en suis-je pas certain...), mais tout n'était-il pas préférable à l'insupportable déni d'existence dont je venais d'être l'objet ? En tout cas ce point me semblait établi : j'étais aussi visible que n'importe qui ; et je me pris à sourire gauchement pour en avoir un instant douté. Non, ce qui venait de se passer à La Cigale n'était en rien de mon fait, ne révélait aucune infirmité ou défaut dont j'aurais eu lieu de m'inquiéter ; cela venait d'eux, uniquement, de l'exceptionnelle capacité de distraction ou d'indifférence de ce couple, dont lui seul était responsable et qu'il aurait peut-être un jour à payer, qui sait ? Je n'étais pas mis en cause. Et d'ailleurs, me suis-je entendu renchérir (et je m'entends encore, sur ce ton de hargne vengeresse qui masquait sans doute la profondeur de ma blessure), d'ailleurs grand bien leur en fasse : en quoi me concernerait leur pauvre médiocre vie, probablement des plus banales si l'on pénétrait le cercle de leur intimité, occupée de projets, de soucis, d'ambitions qu'ils devaient tenir pour les plus importants au monde mais qui pesaient quoi, en réalité, au regard de l'entreprise essentielle dans laquelle j'étais, moi, engagé et qu'ils n'avaient pas même soupçonnée, moi qu'ils avaient avec une telle superbe ignoré ? Et cela, je le ruminais encore sur le trottoir, après avoir réglé mon addition et être sorti dans le froid de la nuit, un peu désemparé de n'avoir pour autre perspective que de rentrer chez moi et me coucher tandis qu'eux, on pouvait le supposer, continueraient quelque part leur soirée, dans quelque bar de luxe peut-être, autour d'un dernier verre tous les deux, ou rejoints par des amis devant lesquels il pourrait continuer de pérorer, briller tout à son aise, certain de l'admiration qu'il ne manquait pas de susciter. Peut-être encore la ramenait-il chez lui (ou chez eux puisqu'elle pouvait aussi bien être sa femme, sa fille) ; et je les voyais monter dans la grosse BMW noire et se glisser sur le cuir confortable des sièges en fermant les portières ; et toutes ces douces lumières orangées du tableau de bord s'allumant pour eux seuls lorsqu'il mettait le contact ; et le vaste living de l'appartement, son mobilier moderne et riche, où ils allaient probablement s'installer pour bavarder encore un peu après avoir ôté leurs vestes. Tout cela je le voyais très distinctement tout en me mettant à marcher dans la rue et là, je me suis dit : « halte ! qu'est-ce que tu es en train d'imaginer ? Ils ne t'intéressent pas. Si ça se trouve, d'ailleurs, dès la sortie du restaurant ils se sont dit au revoir pour partir chacun de son côté ; ils ne se connaissent même pas, de simples relations d'affaires, de travail, cela ne va pas plus loin et cela ne t'intéresse pas. Toi, tu descends la rue Piron vers le parking de la Petite Hollande et le froid de la nuit commence à se faire sentir. Une bise humide remonte du bas de la ville entre les immeubles. Tu ferais mieux de fermer ton blouson. Et pourquoi descendre cette rue glaciale au lieu de rentrer par le chemin le plus court ? Ici il n'y a pas un chat.»

J'ai fermé mon blouson et j'ai continué à marcher. C'est arrivé en bas, sur le Quai de la Fosse, que j'ai pris la décision de tourner à droite au lieu de rejoindre la Place du Commerce pour rentrer en tramway. Là, le vent ne soufflait plus du tout et la tentation m'est venue de prolonger ma promenade. A quelques dizaines de mètres brillait une enseigne au néon ; bleue, verticale, qu'il m'a fallu plusieurs secondes pour correctement décrypter :

P

A

R

A

D

I

S

E

C'est là que j'ai rencontré Cynthia.

 

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